Depuis plus de 7 ans maintenant, j’ai développé une grande passion pour les régions polaires et les missions scientifiques qui y sont menées.

Très niche comme centre d’intérêt me direz-vous !

Tout a commencé avec ce livre : Un hiver en Antarctique. Récit d’un astrobiologiste qui a passé un an dans la station franco-italienne Concordia, au cœur de l’Antarctique. J’ai été fascinée par son expérience.

J’ai pourtant plongé tête la première dans l’univers des régions polaires. J’ai consommé toutes les ressources que je trouvais sur le sujet (livres, podcasts, films, vidéos YouTube, expositions, magazines, conférences…). Toutes ces ressources ont accru mon intérêt pour ces régions et les opérations qui s’y déroulent et m’ont donné envie d’y contribuer à mon tour.

Seulement, lancée sur une trajectoire scientifique très classique : classe préparatoire suivie d’une école d’ingénieur en informatique et aéronautique, il fallait se creuser la tête pour trouver de la place et du lien entre mon parcours et ce domaine.

Alors j’ai fait des tentatives plus ou moins fructueuses. Par exemple, j’ai candidaté auprès de l’Institut Polaire Français Paul-Émile Victor (IPEV) pour effectuer un de leurs volontariats de service civique. J’ai aussi pris contact avec le personnel et d’anciens hivernants dans le but de demander des conseils.

Une fois l’École Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) intégrée, j’ai tenté de mener un projet d’initiation à la recherche en tant que mineure choisie pour ma deuxième année. Le sujet aurait porté sur le rapport sociétal au transport aérien pour les communautés dans les régions isolées. Mais mon classement ne m’a pas permis de faire partie des 2 places du programme.

Je n’ai pas baissé les bras. J’ai finalement été acceptée dans 2 mineures qui m’intéressaient énormément (drones et entrepreneuriat). Alors j’ai tout de suite cherché à les lier à mon domaine de prédilection. Pour les drones, j’ai choisi un projet de mission de recherche et sauvetage en haute montagne pour le rapport final. Puis pour l’entrepreneuriat, j’ai lié mes connaissances sur les drones à une application aux régions isolées. J’ai conçu un projet de drone cargo opérable dans des régions isolées telles que les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) ou le Svalbard. Ce qui m’a donné l’opportunité de contacter du personnel de l’IPEV et d’anciens hivernants pour discuter de mon projet et de la faisabilité d’une telle mission.

Qu’est-ce que j’aime tant dans ce domaine ?

Dans ces missions, la notion d’aventure humaine est inhérente. Des équipes d’hommes et de femmes d’horizons multiples se rassemblent. En mettant leurs compétences en commun, elles parviennent à mener des projets des plus complexes et des plus ambitieux malgré des environnements hostiles. Ajouté à cette pluralité, les équipes doivent faire preuve de rigueur, de méthodologie et d’audace. C’est toute cette complexité humaine et technique qui me fascine. D’autant que dans une certaine mesure, on se rapproche fortement de ce qui est à l’œuvre dans les missions spatiales, et ça, ça me fascine encore plus.

Entre septembre 2025 et août 2026, j’ai pris une année de césure. J’espérais utiliser ce temps pour mieux cerner mon projet professionnel et mon projet académique pour la rentrée dans ma dernière année d’études d’ingénieur en septembre 2026. J’avais déjà quelques pistes parmi les partenariats de l’ENAC. Notamment pour l’École Nationale des Ponts et Chaussées à Paris. J’étais intéressée par le double diplôme en transport et développement durable (TraDD) et le mastère en Design et ingénierie système (ME310). Je suis allée jusqu’aux entretiens.

Un jour de janvier 2026, je suis tombée sur le vlog de Victor sur LinkedIn. Il y raconte son semestre à l’UNIS, The University Center in Svalbard. Une université à la pointe dans les sciences polaires et arctiques : le top du top dans ce domaine, et surtout, une des seules spécialisée sur les pôles. J’en avais déjà entendu parler, mais puisqu’elle n’était pas dans les accords de l’ENAC, je n’avais jamais considéré l’option d’y postuler. L’ENAC étant plutôt strict sur les programmes d’échange, quasiment aucun élève n’était parti dans une université en dehors des partenariats de l’école jusqu’à présent.

Après le visionnage de sa vidéo, je me suis dit pourquoi pas. Ça avait piqué ma curiosité. J’ai alors pris contact avec Victor pour en apprendre plus sur ce qui l’avait amené à Longyearbyen.

Il n’en aura pas fallu beaucoup pour me convaincre. Je pense d’ailleurs qu’au fond de moi j’étais déjà convaincue, mais qu’il me fallait une petite étincelle pour me lancer.

Alors peu de temps après, j’ai choisi mes cours et j’ai postulé. Mon dossier sera finalement déposé fin février 2026 (relevés de notes, lettre de motivation et de recommandation, CV…).

Il fallait également négocier avec l’administration de l’ENAC pour faire valoir les 30 crédits ECTS du semestre d’études à l’UNIS. Après plusieurs mails et appels téléphoniques, mon échange a été validé ! Je n’en revenais pas, j’avais réussi à faire aller l’ENAC dans mon sens ! Moi qui avais eu l’impression d’être souvent freinée dans mes initiatives jusqu’à maintenant.

Un mois plus tard, le 31 mars 2026, j’ai reçu un mail de confirmation mentionnant que j’avais été acceptée pour mes trois premiers vœux ! Cf. photo ci-dessous.

Ni une ni deux, j’ai accepté définitivement mes vœux et j’ai envoyé des mails de désistement à l’École des Ponts.

Je commence aujourd’hui ce blog pour partager mon expérience à l’UNIS. Un semestre universitaire à l’étranger comme il y en a des milliers, avec des cours comme il y en a peu et dans un lieu qui n’existe nulle part ailleurs.

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